• Lina

Lutter contre les discriminations LGBTQ+ đŸłïžâ€đŸŒˆ - Comment s'engager ? ✊


Le 17 mai dernier marque la JournĂ©e Internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. Aujourd’hui, on dĂ©finit cette journĂ©e de maniĂšre plus inclusive en la dĂ©signant de journĂ©e de lutte contre la LGBTQphobie.

Dans cet article, nous allons analyser l'enjeu actuel de la lutte contre les discriminations LGBTQ+ et de proposer des pistes d'actions concrĂštes pour t'engager et soutenir la cause.



Lutter contre l'homophobie et la transphobie : toujours d'actualité en 2021 ?

La campagne 2021 « Plusieurs portent leurs couleurs sans le vouloir » met ainsi l’accent sur les violences qui s’exercent encore partout dans le monde sur les personnes perçues comme LGBTQ+. Les couleurs de l’arc-en-ciel LGBTQ+ sont reprĂ©sentĂ©es par des couleurs d’hĂ©matomes sur la peau des victimes de violences. Sur ce site, on peut ainsi lire diffĂ©rents tĂ©moignages (gros trigger warning).

Le podcast Les Pieds Sur Terre de France Culture du 17 mai 2021 « Violences homophobes » propose quelques tĂ©moignages, assez durs Ă  Ă©couter mais illustrant parfaitement l’existence toujours actuelle et prĂ©sente des violences homophobes.

Ces tĂ©moignages cassent ainsi le mythe occidental selon lequel l’homosexualitĂ© serait aujourd’hui unanimement acceptĂ©e et plus visible que jamais. La lutte contre les discriminations n’est finalement pas uniquement l’affaire du temps, le temps d’éradiquer les quelques discriminations restantes chez les mentalitĂ©s des personnes les plus ĂągĂ©es. Les dits « actes homosexuels » (souvent mal dĂ©finis dans la lĂ©gislation) sont encore condamnĂ©s par la loi dans au moins 72 États du monde. Certains de ces pays prĂ©voient une condamnation Ă  perpĂ©tuitĂ© (Nigeria, Libye, Syrie, Inde, JamaĂŻque par exemple), quand d’autres proclament la condamnation Ă  mort (Afghanistan, Iran, Arabie Saoudite par exemple).

Du cĂŽtĂ© de la France, selon l’Observatoire des inĂ©galitĂ©s, les services de police et de gendarmerie français ont enregistrĂ© 1 590 crimes et dĂ©lits anti-LGBT en 2020. Toutefois, les enquĂȘtes menĂ©es auprĂšs de la population montrent que « seules 20 % des victimes de menaces ou de violences anti-LGBT dĂ©clarent avoir portĂ© plainte, et mĂȘme seulement 5 % pour les injures ». Ainsi, il faut garder Ă  l’esprit que la majoritĂ© des dĂ©lits et crimes anti-LGBT ne sont pas dĂ©clarĂ©s Ă  la police, Ă  fortiori ceux qui se jouent « entre proches, dans l’intimitĂ© de la famille par exemple » : les enquĂȘtes de l’Observatoire dĂ©clarent que plus de 170 000 personnes se disent victimes d’une injure homophobe chaque annĂ©e.


De plus, les thĂ©rapies de conversion continuent d’exister de maniĂšre lĂ©gales en France et dans de nombreux pays occidentaux, ces thĂ©rapies archaĂŻques homophobes visant Ă  convertir les personnes homosexuelles Ă  l’hĂ©tĂ©rosexualitĂ©.

Aujourd’hui en France, il est aussi important de noter que les violences transphobes ne sont toujours pas officiellement reconnues en tant que telles par l’État. À ces violences interindividuelles s’ajoutent la violence structurelle des milieux mĂ©dicaux et administratifs qui perdure et rendent les transitions des personnes transgenres comme des expĂ©riences souvent trĂšs douloureuses.


La JournĂ©e Mondiale de lutte contre les LGBTQphobies est donc toujours nĂ©cessaire non comme mĂ©moire aux discriminations passĂ©es mais bien pour s’ancrer dans une lutte prĂ©sente et rĂ©elle. L’idĂ©e principale derriĂšre cette journĂ©e, au mĂȘme titre que la JournĂ©e Internationale de Lutte contre le racisme ,est d’allier action et rĂ©flexion sur le sujet, « afin de lutter contre toutes les violences physiques, morales ou symboliques liĂ©es Ă  l’orientation sexuelle ou Ă  l’identitĂ© de genre ». Dans tous les pays oĂč la dĂ©marche est possible, cette journĂ©e veut soutenir l’ensemble des initiatives visant l’égalitĂ© des citoyens LGBTQ+.

Évidemment, cette journĂ©e s’inscrit donc dans la dĂ©fense globale des droits humains.

Comment s’engager dans la lutte contre les discrimination LGBTQ+ ?

1. S’informer pour ĂȘtre un bon alliĂ©.e des personnes LGBTQ+

Avant mĂȘme de s’engager pour soutenir les personnes LGBTQ+, il faut se renseigner pour apprendre Ă  ĂȘtre un.e bon.ne alliĂ©.e. S’informer peut passer par diffĂ©rents canaux, de la lecture d’essai, l’écoute de podcast, mais aussi par la fiction (romans, sĂ©ries, films). Comme toute discrimination systĂ©mique qui structure une sociĂ©tĂ©, nous ne sommes pas Ă  l’abri d’intĂ©rioriser des pensĂ©es lesbophobes, gayphobes, biphobes ou transphobes. L’information permet ainsi de dĂ©construire des schĂ©mas de pensĂ©e que nous avons pu intĂ©grer (au mĂȘme titre que le sexisme intĂ©riorisĂ© par exemple), et qui contribuent Ă  perpĂ©tuer dans le temps les stĂ©rĂ©otypes et les violences que la JournĂ©e du 17 Mai dĂ©nonce.

Pour comprendre les enjeux liés aux problématiques des lgbtqphobies en 2021, on te propose différents contenus que tu peux visionner, écouter ou encore lire.

  • Les podcasts 🎙 (pour faire ta vaisselle intelligemment)


🎙 Le podcast « Camille » de Binge Audio

Ce podcast rĂ©alisĂ© par Camille aborde un ensemble de thĂ©matiques pour dĂ©construire « ce qui est considĂ©rĂ© comme naturel et innĂ© en ce qui concerne l’identitĂ© de genre et la sexualitĂ© ».

Ainsi, on trouve des Ă©pisodes comme « Pourquoi je peux dire pĂ©dĂ© et pas toi » (Ă©pisode 01) ou « Être gay friendly ne suffit pas » (Ă©pisode 03). Avec toujours un invitĂ© spĂ©cialiste du sujet, Camille nous invite aussi Ă  nous questionner sur nos propres discriminations intĂ©riorisĂ©es Ă  travers les films par exemple (« teen movies, sex academy », Ă©pisode 05), l’école (« l’école »). Si vous ne faites pas partie de la communautĂ© LGBTQ+, je vous invite fortement Ă  Ă©couter l’ensemble des Ă©pisode, permettant d’ĂȘtre un.e bon.ne alliĂ©.e.

🎙 Le podcast « Coming Out » de Spotify qui comprend dĂ©jĂ  deux saisons.

Elise Goldfarb et Julia Layani interrogent dans chaque Ă©pisode une personnalitĂ© connue (de Bilal Hassani Ă  Hoschi en passant par Xavier Dolan), sur son coming out et son parcours pour s’accepter pleinement dans une sociĂ©tĂ© oĂč leur identitĂ© est encore largement discriminĂ©e. Le but ultime de ce podcast est que le principe mĂȘme du coming out n’existe plus.

  • Les romans 📚 pour une communautĂ© LGBTQ+ plus visible


📚 En Finir avec Eddy Bellegueule de Edouard Louis, qui raconte son enfance dans la misĂšre rurale française, empreinte d’une homophobie dont il a souffert pendant des annĂ©es. Ce livre, trĂšs Ă©mouvant, a remportĂ© le Prix Pierre GuĂ©rin en 2014 contre m’homophobie et pour l’égalitĂ© des droits. Edouard Louis a ensuite Ă©crit Histoire de la Violence (interview de Mouloud Achour juste ici), racontant son agression et son viol (livre particuliĂšrement dur Ă  livre tant il dĂ©crit la violence, la domination et l’écrasement) Ă  Paris, montrant que les discriminations homophobes ne sont en rien propres aux classes sociales dĂ©favorisĂ©es ou aux milieux ruraux, mais transcendent toutes les classes et tous les milieux.

📚 La Petite DerniĂšre de Fatima Daas (2020), dont vous avez certainement dĂ©jĂ  entendu parlĂ©. L’autrice y raconte sa vie, sous-couvert de fiction, en tant que lesbienne dans un milieu religieux. Elle aborde notamment ce qu’elle croit ĂȘtre un dĂ©chirement entre ses croyants musulmanes et son orientation sexuelle. Elle a Ă©tĂ© invitĂ©e dans la saison 2 du podcast Coming Out.

  • Les films 🎬

🎬 Portrait d’une jeune fille en feu de CĂ©line Sciamma sorti en 2019. Emprunt de female gaze, rĂ©alisĂ©e par une femme, ce film onirique qui raconte une histoire d’amour interdite entre deux femmes au 18e siĂšcle. Les autres films de la rĂ©alisatrices comme La naissance des pieuvres (2007) ou Tom Boy (2011) donnent de la visibilitĂ© Ă  des identitĂ©s invisibilisĂ©es dans la grande majoritĂ© des films et sĂ©ries mainstream.

  • Les comptes instagram đŸ“Č (pour scroller intelligemment)

-@lesbien.raisonnables, donne une revue de presse de ce qui se passe de « lesbien » dans le monde

-@lecoindeslgbt, qui est un compte d’informations de la communautĂ© LGBTQ+ assez riche et complet

-@parler_d’elles qui propose des portraits de femmes queers dans l’histoire « Parler d’elles »

2. Soutenir la cause

Enfin, pour s’engager, il faut soutenir. Le soutien peut ĂȘtre financier Ă  travers des dons ponctuels ou rĂ©guliers Ă  des associations LBTQ+. Il est aussi important de partager l’information autour de vous, par exemple le repartage en story du travail de certaines associations.

Les associations sont nombreuses, en plus du Refuge que nous avons cité plus haut.



âžĄïž Il existe des associations internationales comme l’ILGA (Association Internationale des Personnes Lesbiennes, Gays, Bisexuelles, Trans et Intersexes) qui participe notamment Ă  diffĂ©rents forums des Nations Unies en tant que fĂ©dĂ©ration mondiale des organisations LGBTQ+ et bĂ©nĂ©ficie d’un statut consultatif auprĂšs du Conseil Ă©conomique et social de l’ONU (ECOSOC).








âžĄïž La Fondation Le Refuge est toujours l’association bien connue en France de soutien des jeunes LGBTQ+, pouvant notamment les accueillir lorsqu’elles sont mises Ă  la rue en raison de leur identitĂ©. Elle est prĂ©sente dans de nombreux dĂ©partements français, et a mis en place une ligne d’urgence disponible tous les jours 24h/24 : 06 31 59 69 50.



âžĄïž D’autres associations choisissent des luttes spĂ©cifiques comme l’APGL (Association de Parents Gay et Lesbiens) qui soutient la dĂ©fense des familles homoparentales.





âžĄïž Les personnes LGBTQ+ rĂ©sidentes en France, ayant des origines maghrĂ©bines ou moyen-orientales, peuvent trouver un soutien auprĂšs de l’association Shams France depuis 2016.


Des associations propres aux problématiques transgenres existent également.


âžĄïž OUTrans est par exemple une « association fĂ©ministe d’autosupport pour les personnes transmasculines ou transfĂ©minines, non binaire mais aussi pour leurs alliĂ©.es cisgenres ». OUTrans lutte ainsi contre la transphobie depuis 2009.





âžĄïž L’association AcceptessT : Actions ConcrĂštes Conciliants : Education, PrĂ©vention, Travail, EquitĂ©, SantĂ© et Sport pour les Transgenres, est nĂ©e en 2010 de la « nĂ©e de la volontĂ© de crĂ©er un groupe d’activitĂ©s Trans dans Paris qui se focaliserait sur la dĂ©fense des droits des personnes transgenres les plus prĂ©carisĂ©es par l’intersectionnalitĂ©. ». AcceptessT propose notamment des permanences psychologiques en ligne ou en prĂ©sentiel tous les lundis de 13h Ă  17h (sur rendez-vous), mais aussi une parmenencne d’accueil sans rendez-vous tous les lundis.


âžĄïž L’association Bi’cause quant Ă  elle propose un soutien, en plus d’un espace de rĂ©flexion, d’information et de prĂ©vention, spĂ©cialisĂ© aux personnes bisexuelles et pansexuelles depuis 1997. MalgrĂ© le confinement, Bi’Cause propose notamment des activitĂ©s en distanciel via Discord.


âžĄïž Le centre LGBT Ă  Paris est une association qui dispose Ă©galement d’une bibliothĂšque avec un fond spĂ©cialisĂ© LGBTQ+.

Enfin, pour terminer cet article sur une note plus positive, si vous avez besoin d’un lieu de loisir qui soit aussi un lieu safe LGBTQ+ vous pouvez tout Ă  fait vous rendre dans des quartiers comprenant des bars et cafĂ©s dans le Marais Ă  Paris. Évidemment, il faut un budget, il faut habiter Ă  Paris ou dans une ville qui propose ce genre d’endroit, mais si jamais vous ĂȘtes de passage dans la capitale, le bar queer La Mutinerie et le bar sans alcool LGBT La Constellation sont des bonnes adresses Ă  retenir !